A l’automne dernier, le
Mémorial de Caen (372 000 visiteurs en 2009 – 80 salariés) a entrepris la plus vaste transformation depuis sa création en 1988. 70% des 5 600m² de visite sont rénovés. C’est le cas du parcours dédié à la Guerre froide et à la chute du
Mur de Berlin, des nouvelles salles de l’espace « Guerre mondiale - Guerre totale » et enfin d’une exposition permanente inédite consacrée aux dessins de presse du monde entier.
Le 3 mai prochain, l’espace « Guerre mondiale – Guerre totale » sera inauguré. Préparé depuis trois ans, en collaboration avec Denis Peschanski, Pierre Laborie, Jean Quellien et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, il donnera aux visiteurs un aperçu saisissant de ce que fut la guerre dans sa globalité. Une chronologie et des repères cartographiques permettront de comprendre le tournant de l’année 1941, qui marque la mondialisation du conflit. Le Japon en guerre sera évoqué ; mais aussi les déportations, les génocides et la Shoah ; la guerre totale avec les bombardements des villes, la bataille de Stalingrad ; les sociétés face à la guerre, l’intimité des soldats, la résistance, la vie au front et à l’arrière ; et enfin, les libérations en Europe et le bilan de la guerre, les grands procès, des interrogations sur les rapports entre l’histoire et la mémoire des conflits… Images et films d’archives inédits (33 au total) seront présentés aux côtés d’objets emblématiques tels que la valise d’Hitler. Les textes sont rédigés pour plusieurs niveaux de compréhension. La muséographie se veut rigoureuse et pédagogique.
La visite du parcours Seconde Guerre mondiale s’achèvera sur une nouvelle exposition permanente « Jour J - Bataille de Normandie ». C’est la première fois que le musée normand dédie un espace au Débarquement et aux jours qui ont suivis. Pourtant la Normandie a payé le prix de la libération de la France : destructions des villes, bombardements massifs, batailles d’une férocité comparable à celles du front de l’Est, évacuation et souffrances des civils, fuite et poursuite de l’armée allemande. Passé le 6 juin 1944, 20 000 normands sont morts, soit un tiers de tous les civils français tués durant la Seconde Guerre mondiale. Des témoignages exceptionnels de ceux, civils et soldats, qui ont vécu l’enfer de la bataille de Normandie rendent compte de l’intensité de cette bataille inouïe dans son ensemble.
Aujourd’hui, avec l’ouverture des archives, les ultimes témoignages et le travail approfondi des historiens, le regard sur la Seconde Guerre mondiale a changé en 20 ans… un critère pris en compte par le Mémorial de Caen, pour rester à l’avant-garde de l’histoire.